Partenaire

Sonic Wikia Francais

 


 


Fanfics

MOBIUS UNLEASHED Chapitre 3

Publié par Viper Dragoon le 15 juillet 2009

C’est le retour des bons vieux copains du dimanche, ceux qu’on a oublié, et ceux qu’on veut oublier.



Kuamy-Khan et Loki, se retrouvant après des années
Cliquez sur l’artwork pour écouter le thème du chapitre
Illustration par ADT (Pas de deviant)

Ignition

-Jamais... Jamais Inari n’avait imaginé...

La lapine se collait à la vitre de l’Ark et regardait la planète maintenant morcelée par l’action du docteur Eggman. Mobius n’était plus la planète unie qui errait dans un système solaire lointain, mais elle était totalement disloquée et désassemblée, ses continents s’étaient détachés du noyau de magma incandescent au centre de la planète pour graviter autour de lui, tous les continents s’étaient détachés et flottaient dans l’espace autour du centre, stabilisés dans les airs alors que de l’eau tombait de la mer pour s’écraser sur l’incandescence du noyau.

Mobius était en morceaux. Littéralement. Au sommet de la planète un monstre colossal était apparu et, poussant un hurlement sinistre, il fit sourire Inari.

-Comme Mobius est devenue belle...
-Ne faites plus un geste !

Des militaires venaient de débarquer de toutes les issues, pointant leurs armes sur la lapine qui se retourna vers les humains, un large sourire aux lèvres. La joie débordait de ses yeux. Elle montra la baie vitrée du doigt aux soldats armés jusqu’aux dents qui la pointaient de leur fusils mitrailleurs.

-Vous avez vu ! Inari est tellement heureuse ! Le rêve du docteur est en train de se réaliser !
-Les mains sur la tête et collez-vous à la vitre !

La jeune lapine mauve était vêtue en tout et pour tout d’une combinaison rouge moulante qui la couvrait des pieds à la nuque, en passant par les mains. Elle portait un logo représentant le docteur moustachu à lunettes, signe de son appartenance manifeste à l’Eggman Army, elle avait les cheveux verts et ses yeux pétillaient de joie de vivre.

-Ce n’est pas le moment de se battre ! C’est le moment de danser ! De se réjouir ! Le docteur a réussi !
-MAINS SUR LA TÊTE ! Fit le chef de l’escouade qui commençait à perdre patience.

Inari commença à faire la grimace alors que les soldats du GUN ne semblaient pas prompts à se réjouir de la victoire d’Eggman. Etaient-ils donc incapables de fair-play ? Elle savait reconnaître quand quelqu’un jouait bien, mais il s’avérait que personne d’autre qu’Eggman ne jouait bien à ce jeu, alors forcément, ils étaient jaloux.

-Repos, laissez-moi faire.
-Mon colonel...

Un homme à l’allure sombre avec une barbe de trois jours et le nez cassé s’approcha, il portait un casque et un gilet militaire. Il s’arrêta à distance respective d’Inari et ouvrit la conversation :

-Je suis le colonel Reik Simmons du GUN. Dites-moi ce que trafique Eggman, que veux-t-il ?
-Le docteur va créer un monde parfait ! Mais vous les méchants vous n’arrêtez pas de l’en empêcher parce que vous pouvez pas vous empêcher de vous faire la guerre !
-Un monde parfait ? Rétorqua Simmons dans un rictus. Sous la tyrannie de l’Eggman Empire ? Je crois que la situation est plus complexe que ça.
-Non elle ne l’est pas ! Rugit la lapine en bombant le torse. Depuis qu’Inari est toute petite, vous l’avez toujours traitée comme une enfant ! Comme une folle ! Comme si elle ne pouvait rien comprendre alors que tout est simple ! Mais Inari comprend à présent ! Elle comprend tout !
-Taisez-vous espèce d’idiote !
-Non !

Des gerbes de flammes vertes brûlèrent soudainement sur les épaules jusqu’aux mains de la lapine alors que celles-ci dansaient et léchaient l’air.

-Inari en a assez d’entendre vos mensonges !
-Vous aurez tous le temps de les entendre dans une cellule. Nous vous emmenons avec nous. Vous êtes cernée, même si vous réussissez à faire tomber quelques hommes, vous ne pouvez pas lutter contre nous. Agent spécial Inari de l’Eggman Army.

La lapine eut un rire espiègle et répliqua tranquillement en collant son dos à la vitre. Inari, jeune lapine abandonnée de tous et qui avait développé un intéressant pouvoir de pyrokinésie chimique, elle avait été recrutée par l’Eggman Army et servait à présent le docteur comme une fille aimante servirait son propre père. Elle avait une santé mentale fragile, et elle était prête à tout pour arriver aux fins d’Eggman et croyait en son utopie sous l’Empire, car il était le seul à avoir pu voir son potentiel.

-Vous êtes bêtes ! Vous êtes tous bêtes ! Le docteur n’abandonnera jamais Inari !
-Venez avec nous sans opposer de résistance !

Pour toute réponse Inari tira la langue et appuya sur un bouton de sa combinaison alors qu’elle disparaissait dans un flash affichant un hologramme fantomatique du symbole de l’Eggman Army. Les soldats firent feu et les balles ricochèrent contre les vitres blindées sans atteindre leur cible.

Reik Simmons contempla Mobius. Ils étaient sur l’Ark, bloqués de toute liaison avec le QG, aucun moyen de rentrer sur Terre et aucun vaisseau ne pouvant venir les chercher. On dirait bien que dans un sens, Eggman avait gagné la partie pour le moment. Contemplant la créature géante au sommet du monde, Simmons allait ordonner de charger le canon de la station spatiale et de faire feu quand celle-ci se mit soudainement à se désagréger avant de disparaître dans une fumée violette...

Ah... Inutiles jusqu’au bout.


Tout était noir. Plongé dans l’obscurité, seulement le souffle du vent dans ses cheveux et la chaleur qui balayait son front... En réalité elle se sentait partir, partir au loin malgré qu’elle veuille rester à tout prix sur cette planète qui l’avait vue naître... Mais... Mais elle se sentait aller vers des cieux plus agréables. Une seconde. Non, il y a quelque chose de pas logique.

Alors qu’elle chutait dans les airs elle se rétablit et soudainement le sol apparut sous ses pieds dans les ténèbres, un sol de dalles carrées noires et blanches, taillé comme un échiquier, un gigantesque échiquier. Elle peut voir toutes les pièces blanches et toutes les pièces noires intéragir entre elles, alors qu’elle avance sur le plateau de jeu. Chaque coup est donné par une main invisible qui sort des ténèbres et saisit les pièces, celle qui te bouge est douce mais ferme, l’autre a l’air crochue et noire. Car tu es une pièce sur ce grand jeu, un simple pion parmi tant d’autre manipulé dans le grand jeu du destin. Au loin devant toi tu vois le cavalier ennemi renverser le cavalier blanc alors que le roi noir reste élégamment protégé derrière un mur de pièces, bien à l’abri entre ses pions et ses tours. Tu peux le voir, mais tu ne peux rien faire, il ne semble plus bouger, inerte, comme mort à travers ses propres murs.
C’est un jeu d’échec aux règles étranges, à l’arène distordue où les pièces changent sans cesse de couleur et disparaissent pour réapparaître dans le camp de l’adversaire. Même si les autres pièces varient, elle, demeure droite, et blanche comme la neige. Alors qu’elle s’approche des lignes ennemies le plateau de jeu est de plus en plus irrégulier, des montagnes de cases se créent, mais hardie elle ne sent plus ses mains et escalade comme si des ailes lui avaient poussé dans le dos. Elle arrive alors jusqu’à la forteresse du roi noir, mais ne peut pas passer à travers les pions, qui soudain se changent en barreaux. Elle tente de l’atteindre, de le griffer de ses mains c’est alors qu’elle le remarque.

Le roi noir pleure.

Alors tu deviens noire.

Et derrière toi le fou blanc avance et déjà tu ressens ses litanies jusqu’au plus profond de ton être alors qu’il te percute.

Kanna se réveille en sursaut à l’arrière d’un camion, repoussant la forme qui s’était assise sur elle et qui se cramponna à son oreille pour la retirer vers lui.

-Arrête de remuer comme ça !

Cria la personne alors qu’elle rapprochait son visage du sien d’une façon un peu trop familière. Elle le regarda dans les yeux, c’était un mobien tout comme elle, mais ses yeux parcourus de veines étaient exorbités, son regard allait de sa tête à ses oreilles alors qu’il passait sa main dans ses cheveux. Sa peau était miteuse et tombait en pelures à certains endroits, en d’autres il en était presque dépourvu. Ses mains aux ongles rongés passaient sur la tête et les bras de Kanna tout en essayant d’en arracher des touffes pour les coller sur son pelage mité.

-T’as... Une belle fourrure ! Laisse-moi la caresser !
-Lâche-moi !

Cria-t-elle alors que le mobien écureuil se prenait une droite magistrale et volait à l’autre bout du camion pour s’écraser sur un tas de caisses loin de la Lynx. Mais bien qu’elle l’aurait sûrement voulu, ce n’était pas elle qui avait assené un coup aussi dévastateur au mobien, mais un tatou à la carapace jaune à qui il manquait un oeil, saisissant la main de Kanna il l’aida à se relever.

-Ca va miss ? J’étais censé veiller sur toi mais je me suis endormi.

Le tatou semblait être un grand blessé, il portait de nombreux bandages sur son torse, et un de ses yeux était crevé. Il avait l’air d’avoir sacrément bourlingué au cours de sa vie malgré son jeune âge.

-On t’a trouvée inconsciente dans le désert, tu as eu de la chance de tomber sur n...
-BOOOUM !

Le tatou boxeur soupira alors que l’écureuil se relevait comme si de rien n’était. Il avait attrapé en hurlant le couvercle en bois d’une caisse et bondissait vers son assaillant pour l’éclater sur sa tête. Bruiser se contenta d’un premier coup de poing pour briser le couvercle en deux avant d’asséner un uppercut en plein menton à l’écureuil qui fut envoyé bouler. Mais il revint avec la même hargne comme s’il ne ressentait aucune douleur. Cette fois le Tatou le plaqua au sol, utilisa le col de sa propre veste pour l’étrangler et abattit son poing en plein sur son nez.

-BOUM ! BOUM ! BOUM ! Ponctuait l’écureuil à chacun des coups.
-Putain ta gueule !

Cria Bruiser alors qu’il le passait à tabac. Devant un tel déchaînement de violence l’écureuil se tordait dans tous les sens en poussant des cris de douleur. Cela ne l’empêchait néanmoins pas d’essayer de mordre le poing du tatou. Kanna recula de la scène du combat pour arriver près de la porte menant au siège conducteur dont la visière s’ouvrit pour laisser voir les yeux d’un Armadillio peu ravi qui la firent sursauter.

-Vos gueules à l’arrière bordel !
-J’voudrais bien t’y voir ! Nitro a complètement pété les plombs !

Alors qu’il ponctuait sa phrase l’écureuil le griffa au visage et se dégagea dans un rire hystérique. Il se mit à regarder à droite et à gauche, comme une véritable pile électrique. Il avait l’air fou, décharné, malade, et pourtant il avait une rapidité instinctive démentielle. Contre toute attente, il se jeta brusquement contre un mur et se mit à frapper sa tête contre celui ci de toutes ses forces.

-BOUM ! BOUM ! BOUM ! Boum ! Boum... bou...

L’écureuil finit par tomber lui-même en arrière avec le front en sang. Bruiser soupira.

(Par MOT)

-Depuis les tremblements de terre, il a déraillé, si c’était déjà possible…
-Qu’est-ce qu’il lui arrive ? Demanda Kanna, complètement perdue.
-Nitro était un pote avec qui je travaillais, il était timbré, mais si on savait bien le prendre, il pouvait se révéler sympa. Je sais pas trop ce qu’il lui est arrivé mais crois-moi il était déjà sacrément siphonné du bocal avant que je le rencontre, c’était quand…

Bruiser marqua une pause, il ne rassurerait sûrement pas Kanna en lui disant qu’ils l’avaient rencontré alors qu’il avait mis à sac une supérette à lui tout seul.

-Bref, d’après ce que j’ai compris de l’histoire, il a été frappé par la foudre. Et depuis il entend des voix et se prend pour Jeanne d’Arc ou quelque chose comme ça...

Kanna commençait à reprendre un peu confiance en elle même quand elle remarqua le contenu des boites sur lesquelles Nitro s’était écrasé tout à l’heure, une quantité faramineuse de fusils d’assauts kalachnikov. Elle était tombée sur des truands, des fous, des trafiquants d’armes qui allaient la mettre en pièce à la première occasion. Reculant elle lança :

-Qu’est-ce que vous comptez faire de moi ?
-Eh, balise pas. Si on t’a tirée du désert, c’est pas pour te mettre en charpie. On te dépose à la prochaine ville pas de soucis. Tu fermes les yeux sur les pistolets en revanche...
-...D’accord... C’est quoi cette histoire de tremblement de terre ?
-Pendant que tu dormais y’a eu des secousses assez incroyables, le camion a failli se retourner deux ou trois fois, mais t’avais une fièvre atroce, donc t’as rien remarqué. C’est avec ces tremblements de terre que Nitro a commencé à se comporter bizarrement, plus que d’habitude j’veux dire.

-Bruiser ! Cria le mobien au volant.
-Lui c’est Armadillio, c’est à lui qu’appartiennent les armes et ce camion, et il va sûrement bientôt devenir borgne comme moi.
-Ferme ta gueule et ramène-toi ! Répliqua très finement le mobien coyote qui possédait un oeil bien rouge et enflé, signe d’une maladie encore présente. On a de gros ennuis !

Le tatou haussa les épaules avec dédain et se dirigea tranquillement vers les portes arrières pour descendre et passer à l’avant du camion qui s’était arrêté. Il était suivi de près par Kanna qui ne voulait pas rester seule à l’arrière avec un Nitro susceptible de se réveiller n’importe quand. Ce qu’ils virent, personne n’aurait pu s’y attendre. Devant eux, au beau milieu de la route, un gouffre de plusieurs milliers de kilomètre qui se serait sûrement fini dans les ténèbres si on ne voyait pas nettement au fond de celui ci la lave brûler comme un soleil intérieur. L’œil du tatou s’écarquilla.

-Oh merde. C’était ça les tremblements de terre ? Murmura-t-il.

Derrière eux des ombres commencèrent à s’assembler alors que des créatures ténébreuses commençaient à jaillir de celles ci, exaltant des volutes de fumées noires alors que des yeux comme des lampes se dressaient sur un semblant de visage ainsi que de puissantes griffes d’ombres. Le tatou s’interposa entre le lynx et la créature qui la fixait à présent avec intérêt. C’était la première fois qu’ils voyaient un phénomène de ce genre, mais les mobiens avaient tendance à s’adapter rapidement aux situations aussi illogiques que celle qu’il venait de voir..

-Personne ne fait de geste brusque. Lança le tatou tout doucement à Armadillio et Kanna derrière lui. Armadillio appliqua son conseil avec attention en saisissant le fusil à pompe qu’il avait en bandoulière et lui décocher une volée de balle en pleine figure.

-Crétin ! Cria le tatou alors que la créature hurlait et que d’autres créatures du même acabit commençaient à apparaître dans des volutes de fumée, il poussa le coyote dans la cabine de pilotage. Démarre et fais demi-tour !
-Tu me donnes pas d’ordres ! Cria le coyote qui monta quand même dans le camion et mit le contact alors que Bruiser ouvrait le chemin à Kanna, écrasant ses poings dans le visage des créatures qui apparaissaient en masse.


Central City.

La panique était générale et le GUN en mobilisation maximale. Dans la ville, des monstres avaient commencé à apparaître dès la tombée de la nuit et les soldats étaient divisés entre les missions de sauvetage et la lutte contre ces créatures qui réapparaissaient sans discontinuer. Cela faisait 24 heures que le monstre colossal qui était apparu au sommet de la planète avait volé en poussière. L’armée encadrait les civils et recommandaient à ceux qui le pouvaient de rester cloîtrés chez eux dès le coucher du soleil et de se barricader. Et comme si ça ne suffisait pas les Eggpawns du docteur Eggman commençaient à remonter le long des rues. Lourds, blindés et dotés de puissantes armes laser ou d’épées, les pawns couplés aux créatures d’ombres rendaient le rythme infernal, de jour comme de nuit. Les forces du GUN avaient du mal à nettoyer toute la ville. Les ordres du Commander étaient simples : chacun pour soi et dieu pour tous. Tout le monde protégeait sa propre base et ses environs et n’avait pas à attendre de renforts, car le monde entier était en crise. La plupart des réfugiés campaient dans les parkings militaires, car n’ayant pas assez de chambres pour tous les accueillir.

C’était le désespoir, partout des visages en larmes, partout des yeux remplis de peur cherchant la moindre lumière de réconfort. Tous attendaient l’allocution présidentielle qui leur dirait la position du pays par rapport aux derniers évènements, celle qui leur permettrait enfin de pouvoir savoir où ils allaient. Mais l’allocution n’avait pas lieu.

Car Wulf Rakkuen était mort, et seuls une poignée de personnes triées sur le volet le savaient pour le moment.

Central City. White Hall.

Dans la maison blanche mobienne les ministres étaient réunis pour un conseil décisif sur la décision à prendre à présent que le président était mort. Les débats avaient duré depuis le petit matin et un accord sur la solution à suivre n’avait toujours pas été trouvé.

-Enfin c’est insensé ! Protesta le ministre de la politique intérieure. Dans le cas de cette crise nous ne pouvons pas nous permettre de faire des élections ! Le commandement doit revenir au chef des armées, le Commander remplira le rôle du président le temps de la crise jusqu’à ce que des élections aient lieu.
-Ca me semble évident. Répliqua le ministre des finances.
-Et donner à un homme aussi instable les rennes du pouvoir ? Protesta le ministre des sciences. Qu’est-ce qui nous garantit qu’il n’abusera pas de sa position ? N’oubliez pas qu’il est impliqué jusqu’au cou dans le projet Shadow ! Comment pouvons-nous faire confiance à une personne qui a sympathisé avec un terroriste au point de le faire passer agent spécial ?!
-Un conseil des ministres devrait prendre en charge la politique du pays ! Lança le ministre des sports en tapant sur la table pour mettre en valeur sa conviction.
-Ridicule ! Vous voyez bien qu’à nous tous nous perdons énormément de temps à prendre nos décisions et chaque seconde compte ! Trancha le ministre de l’économie.
-Messieurs, ne cherchez plus, je possède la solution à tous vos problèmes. Lança une mystérieuse voix depuis la fenêtre ouverte tandis qu’un homme avançait placidement vers le conseil des ministres.

Tous se retournèrent, hébétés, avant d’appeler la sécurité.

-Mhhh...

Fit Aphrodite alors que le soleil des tropiques lui tapait sur la tempe et qu’elle se retournait d’un geste langoureux sur son lit de feuilles de palmier. Elle poussa un petit bâillement, s’étira, se gratta un peu les fesses, et constata qu’elle ne portait absolument aucun vêtement. Elle s’empressa de pousser un juron coloré et de se cacher alors que devant elle se tenait un échidné.

-Barre toi enfoiré ! Tu m’touches tu perds tes deux yeux, tu sais pas qui je suis ! Beugla Aphrodite en essayant de récupérer un bout de bois qui traînait, tout en cachant sa poitrine à grand mal, dans le but de le lui enfoncer à travers la gorge. L’hybride qui la fixait lança d’une voix creuse et terne.
-Toi qui portes le sang de mon peuple, toi qui es issue des géants de jadis et qui aujourd’hui ploies l’échine devant les faibles.

Alors Aphrodite ouvrit grand la bouche alors qu’elle contemplait celui qui se trouvait juste devant elle.

Elle laissa tomber son bâton en plus.

Devant l’échidné se tenait un autre échidné à la peau et aux dreads rouges et dont le torse était bariolé du croissant de lune blanc, symbole des gardiens. Devant elle ne se trouvait nul-autre que Knuckles en personne.

Knuckles et Aphrodite, c’était une longue histoire d’amour. "J’vous en prie ! Qui n’a jamais eu de rêves érotiques avec Knuckles ? " disait-elle à ses camarades de fac y a quelques années de ça. Knuckles était un héros pour toute la race échidnée, il était le gardien de l’Equilibre du monde, le maître de la Master Emerald, l’Elu, celui sur lequel reposait le destin de la planète. Mais surtout, pour un bon paquet d’échidné en pleine adolescence, un Sex Symbol aussi bien gaulé que Tarzan. Si on devait comparer la vision humaine à la vision échidnée, ça donnerait cela : l’humain voit Knuckles comme un simple mobien tout ce qu’il y a de plus commun. L’échidné elle, voit une espèce de figure d’Apollon aux muscles saillants et remarque jusqu’aux gouttes de sueurs viriles dégoulinant le long du torse marbré et qu’elles ne demandent qu’à lécher goulûment. Aphrodite ne faisait pas exception.

Elle n’avait certes jamais rencontré le Gardien en personne, cet honneur n’étant pas encore arrivé, mais des posters de lui placardaient sa chambre y’a quelques années de ça et son ordinateur portable était encore bourré de photos pornographiques truquées par, hem, curiosité scientifique. Aphrodite s’étendit un petit peu plus lascivement et fit une moue presque caricaturale.

-Oh, non, que puis-jeuh faire pour éviter que ce grand escogriffeuh n’abuseuh de la pauvreuh femme sans défense que je suis. Oh Noooooon...!

Fit elle avec sa bouche en cul de poule alors que Knuckles l’ignorait totalement.

-Viens me rejoindre, toi et tous tes frères, sur Angel Island. L’heure est grave, nous devons faire quelque chose, si tu souhaites m’aider à sauver ce monde, alors tu viendras me rejoindre.

Aphrodite leva les yeux vers Knuckles et fit une moue dubitative, puis elle se leva, les yeux du gardien continuèrent à fixer un point invisible droit devant lui.

-Euh. T’es pas marrant là. Répondit Aphro. Je veux bien que les rumeurs de MobiusMatch soient vraies et que tu sois aussi gay qu’un arbre de singes gazés à l’hélium, mais tu pourrais quand même te rincer un peu l’œil merde !
-Le temps presse, crois en moi et dans le message que te délivre cette ancienne magie et rejoins-moi sur Angel Island, voici l’endroit. Viens, et emmène tes frères avec toi, ainsi que tes autres amis mobiens.

Aphrodite sentit alors, à défaut d’autre chose, le plan de la location d’Angel Island s’enfoncer dans sa tête directement. Ce n’était pas des plus agréables, comme moyen d’apprentissage, mais efficace. D’un seul coup elle savait où se trouvait Angel Island. Celle-ci avait atterri au beau milieu d’un grand lac dans les Mystic Ruins. Alors le gardien disparut de sa vue et elle ouvrit les yeux.

Aphrodite était étendue dans un lit d’hôpital, d’un seul coup elle avait bien plus froid, malgré que cette fois elle portait une blouse, mais pas sous le soleil des tropiques. A coté d’elle, Ceera et Rude qui veillaient au grain, et un peu plus loin, White qui avait pris un magazine, et qui baissait celui-ci pour regarder l’échidnée qui avait repris connaissance. L’héritière tourna la tête vers le renard, leurs regards se croisèrent, Aphrodite passa quelques longues secondes à observer celui ci, à le décortiquer, à l’analyser, et une fois que le diagnostique fut sans appel, elle finit par soupirer.

-Ah, c’est toi.

Pendant trois secondes elle l’avait pris pour Knuckles. Un Knuckles blanc. BEN PEUT-ÊTRE QU’IL AVAIT LA LEPRE, QU’EST-CE QU’ELLE EN SAVAIT... Mais elle l’aimerait toujours même si c’était l’cas. Elle avait vu le gardien et elle devait repartir avec le renard. Maudit soit son psyché, les rêves érotiques n’étaient plus ce qu’ils étaient. Oh bien sûr, White était un amour, il récitait l’alphabet en rotant presque aussi bien qu’elle, mais elle était quand même un peu déçue quoi. White se leva et passa la main sur le front de l’échidné.

-Ca va ? Demanda le renard.
-Ouais. J’ai dormi combien de temps ?
-Toute la journée. Il s’en est passé des choses.
-Où on est ?
-A l’hôpital de Diamantipolis, Clovis a réussi à t’avoir une chambre individuelle, c’est pas du luxe quand on sait que l’hôpital est bondé.

L’échidné fit une moue. Elle savait que cette "délicate attention" n’était pas habituelle et cachait quelque chose... Autour d’elle une chambre d’hôpital tout ce qu’il y avait de plus banale. Trop banale, généralement elle prenait une chambre grand luxe, elle en avait les moyens, mais celle-ci était toute petite. Pour avoir pris le risque de voir sa colère s’abattre sur le standardiste si ses caprices d’héritière n’étaient pas réalisés le plus vite possible, ils devaient vraiment être dans une urgence totale.

-Qu’est-ce qui s’est passé ?
-La faille tectonique qui a englouti le Shnelles Gloire s’est propagée jusqu’à Diamantipolis puis au monde entier, la ville est séparée en deux, toutes les communications intercontinentales sont brouillées et la télévision relayée n’affiche rien de constructif, seulement des spéculations qui valent que dalle.
-Je sens plus mes jambes. Lança tout d’un coup l’échidné.
-Le contact avec l’eau a sévèrement gelé les muscles de tes jambes. Il va te falloir un moment pour les faire bouger à nouveau.

Aphrodite haussa les épaules. Honnêtement, elle était passée tellement de fois par l’hôpital et en était sortie avec tellement de blessures qu’elle commençait franchement à y être habituée, beaucoup de gens n’aimaient pas savoir qu’elle avait beaucoup d’argent, et bien qu’elle avait failli mourir la dernière fois, ça ne l’empêcherait pas de se dire "Bon ben j’ai encore survécu.". Sérieusement, si elle avait une carte de fidélité ça ferait longtemps qu’elle aurait droit à son Panini gratuit. Quand on prenait en compte qu’elle avait failli se faire aspirer dans les profondeurs de la terre, elle s’en tirait pas trop mal. Devant elle, la télévision répétait les mêmes informations depuis maintenant cinq heures.

Ici Crush TV. Tout Mobius est en alerte alors que la panique règne dans les rues ! Un rayon de nature inconnue venu de l’espace a percuté la planète et séparé les différents continents, pour le moment les communications sont interrompues à l’exception de ce programme sponsorisé par notre gouvernement. Dans les rues des grandes villes le GUN est déployé pour repousser les hordes de monstres et de robots de l’Eggman Army marchant main dans la main pour détruire tout ce qu’ils trouvent sur leur passage. Le réseau de trains intercontinental de Sunset Park est provisoirement interrompu en raison des derniers évènements évidents et tous les vols sont suspendus jusqu’à nouvel ordre. Si vous êtes encore chez vous, n’ouvrez la porte à personne et restez y caché pour ne pas attirer l’attention des monstres. Aux dernières nouvelles nous n’avons aucune nouvelle de Sonic et...

Une main tendit une feuille au journaliste.

-Dépêche de dernière minute : on m’informe que...

Le journaliste regarda la feuille un moment et leva les yeux vers son prompteur et dans les coulisses avant de se lever et de parler à la régie en couvrant son micro. L’émission passa directement à l’écran "difficultés techniques".


-Allez, mangez donc ! Vous allez en avoir besoin !
-Woaw, une petite seconde madame Khan ! Je ne sais pas si je pourrais avaler tout ça ! Répondit Loki en se tapant sur le ventre alors qu’il débordait presque. Votre cuisine est excellente, mais j’ai atteint mes limites !
-Ha ha ha ! Je crois qu’il veut que tu le serves encore un peu maman ! Répondit Kuamy en riant.

La bonne humeur à la table était bien présente et aux trois larrons de se détendre un peu dans un appartement modeste de Station Square. Il allait bientôt faire nuit sur la ville et le repas du soir était fini. Loki se leva et prétexta d’aller digérer un peu pour entraîner son amie avec elle. Kuamy-Khan était la fille adoptive du couple Khan, deux mobiens hérissons. Madame Khan avait trouvé Kuamy, encore bébé, abandonnée sur un autel de pierre au beau milieu de la jungle. L’échidné s’était montrée rapidement curieuse de retrouver ses véritables parents et de fil en aiguille avait fini par se trouver une petite vie tranquille et venait de finir ses études dans la banlieue de Station Square. Elle aurait pu se payer un appartement, mais pour le moment, elle vivait avec sa mère, en attendant qu’elle et son fiancé s’établissent.

-C’est super sympa de ta part de m’héberger chez toi Kouam. Fit le caméléon alors qu’il regardait l’extérieur depuis le premier étage de l’appartement. Les deux mobiens étaient des amis de longue date.
-Je t’en prie, je n’allais pas te laisser à la rue par les temps qui courent !
-C’est vrai... Répliqua Loki. Il avait encore du mal à imaginer ce qui venait de se produire il y avait à peine 24 heures. Ils étaient plutôt éloignés de la capitale, ce qui faisait que les envahisseurs ne voyaient pas l’intérêt de venir jusqu’ici, quelquesmonstresapparaissaientdenuit,mais rien d’insurmontable pour lui, après tout, il avait été un mercenaire.
-Tu as une idée de ce que tu vas faire à présent ? Demanda l’échidné.
-Pas vraiment... Fit Loki.

Il s’était beaucoup consacré à reprendre l’affaire qu’il avait montée avec Omicron depuis que le robot avait disparu. A une époque les deux larrons étaient les meilleurs partenaires au monde, mais Omicron avait toujours été sur le devant de la scène. Avant qu’il ne se retrouve seul, l’agence portait le nom d’agence Omicron. Il avait fini par changer le nom, trop douloureux à conserver après la disparition d’un de ses meilleurs amis. Omicron était peut-être un robot mais il possédait l’intelligence d’un humain, ainsi que la plupart de ses sentiments, sans parler du fait qu’il était un combattant acharné et redoutable avec une volonté de fer. Il avait encore conservé les coupures de journaux relatant de ses haut-faits dans un classeur qu’il avait observé avec mélancolie dans le trajet de train de Central City à Station Square. "Un robot et un chien se battent dans les rues de Carnival Night", ainsi que "Un robot mercenaire triomphe du Chevalier Noir" étaient ses préférés... Loki ferma les yeux et serra les poings. Même en essayant de toutes ses forces, il ne réussissait pas à réunir des fonds. Il n’avait plus de quoi payer le local et se retrouvait à la rue. Alors il était parti frapper à la porte de son amie qui l’avait accueilli.

-Ca me fait plaisir que tu sois là... Fit Kuamy en venant se poser au balcon... La maison me semblait vide depuis que papa et Theorem sont partis...

Theorem était le fiancé de Kuamy. C’était un type gentil, incapable de faire du mal à une mouche malgré ses pouvoirs télépathiques... Il était visiblement parti il y avait quelques jours de ça. « Il y a quelque chose que je dois faire, pour assurer notre futur... Il faut que je te laisse. » et il était parti… Pour ce qui était du père adoptif de Kuamy, il était journaliste, et donc à l’extérieur au beau milieu du danger pour ramener des informations. C’était sûrement pour cela que madame Khan cuisinait pour quatre... Il y avait des signes qui ne trompent pas.

-Loki ? Fit justement cette dernière en venant dans le salon. Il y a un appel pour toi, tu as donné le numéro de notre maison ?
-Pas... Que je sache. Fit le caméléon en s’avançant jusqu’au combiné, rentrant dans le bon petit salon familial qui respirait le vieux bois et la tapisserie d’époque. Madame Khan était archéologue, son salon était une boutique d’antiquité à lui tout seul. Loki saisit le combiné du vieux téléphone noir à cadran.

-Allô ?
- Bonsoir. Vous êtes bien Mr Loki de l’agence Lightbolt ?
-Ecoutez, je ne sais pas qui vous a donné ce numéro mais c’est inutile de faire pression, le local est déjà hypothéqué et je trouve ça grossier de votre part de...
-Je souhaite vous embaucher.

Le cœur du caméléon manqua un battement alors que d’un seul coup les perspectives d’un avenir qu’il pensait perdu à jamais venaient de se raviver, mais il ne comprenait pas. Si ce coup de fil providentiel avait été passé à l’agence Lightbolt il n’aurait jamais abouti, comment avait-il pu avoir le numéro de Kuamy ? Et à plus forte raison, comment avait-il pu savoir qu’il s’y trouvait justement ?

-Qui êtes v...
-Le contrat sera rémunéré à trois millions de rings.

Loki faillit s’étrangler sous le chiffre, trois millions, c’était plus que le nombre de maladies qu’un mobien pouvait attraper en bossant dans les égouts de Central City, et pourtant vu ce qui y traînait… Loki ferma les yeux, il ne pouvait décemment pas laisser passer une chance pareille, si cette mission ne les relançait pas, alors il aurait au moins le bénéfice de lui permettre de s’établir tranquillement.

-Pas de questions je présume ? Lança-t-il finalement, revenant sur le fait que l’homme l’avait interrompu alors qu’il allait lui demander son patronyme.
-Pas de réponses. Trancha net l’inconnu sur un ton sans équivoque. Loki essaya de dissimuler son enthousiasme pour négocier.
-Je... je dois vous prévenir que l’agence ne prend pas les promesses de dons et que tout règlement doit être effectué à l’avance.
-Un million et demi ont été versés sur votre compte en banque à l’heure où je vous parle. Vous aurez le reste lorsque vous aurez réussi votre contrat.
-Qui c’est Loki ? Demanda finalement Kuamy qui revenait vers l’intérieur.
-Je vois. Répondit le caméléon qui avait du mal à cacher son enthousiasme. Quel est mon objectif ?
-Vous recevrez le tout par courrier.
-Pourquoi avoir choisi notre...

Mais l’homme avait déjà raccroché. Le caméléon leva d’un air grave son visage vers Kuamy alors qu’il revenait vers elle.

-Je... je viens d’être embauché.

Et alors qu’il prononçait ces mots Loki se rendit compte de l’étendue de ceux-ci. Kuamy haussa un peu les épaules tandis qu’elle tournait légèrement le visage.

-...Vas-y, j’irai seule aux Mystic Ruins voir la source de ce message.

Il y avait à peine quelques heures de ça, Kuamy avait également reçu pendant son sommeil une visite du gardien qui l’avait enjoins à le rejoindre sur Angel Island, comme Loki et sa mère avaient dormi comme des loirs, elle suspectait que seuls les échidnés recevaient ce genre de visions, ce qui la troublait d’autant plus car Kuamy-Khan était une télépathe, et une télépathe de haut niveau. Elle n’avait aucun doute sur la véracité de l’appel du gardien. Loki s’approcha de l’échidné.

-Je suis désolé Kouam.
-Le sois pas, t’as la chance de pouvoir sauver ton rêve, répondit-elle avec sincérité. Saute dessus !

-C’est un mauvais rêve. Lança White. Je vais me réveiller.

Le mobien tomba de sa chaise alors qu’il fixait la télévision qui avait repris depuis alors cinq bonnes minutes. Le journaliste qui s’était auparavant levé avait repris sa place sur sa chaise, et celui qui avait commenté avec énergie pendant cinq heures commençait à se fatiguer, ses yeux étaient devenus ternes et son expression neutre, sa voix molle et dénuée de nuances alors qu’il lançait.

-Le nouveau président des Fédérations Unies va bientôt prendre la parole, mesdames et messieurs je vous prie de l’écouter avec la plus grande attention.

Ils venaient d’annoncer la mort de Rakkuen à la télévision. Aphrodite n’avait jamais aimé le bonhomme. Un faux jeton. C’était principalement à cause de lui qu’un beau soir un gros balèze était venu la tabasser à mort dans une ruelle sombre. Tant mieux, avait-elle dit, il ne manquera à personne... Mais la figure de White était devenue blême lorsqu’ils avaient annoncé le nom du nouveau président. Un homme en costume avança jusqu’au fauteuil et s’assit, il portait un léger bouc, des cheveux blancs et des sourcils vénérables, il devait bien faire la cinquantaine. Son sourire était charmeur, démagogue diraient les mauvaises langues. Ses yeux bleus avaient le don de fasciner la télévision.

-Vous avez la parole. Lança le présentateur d’une voix monocorde alors que l’homme croisait ses mains de manière penaude sur son fauteuil en cuir. Nos téléspectateurs sont impatients de vous entendre...

...Monsieur le président Winston.

L’homme fixa l’écran avec un air sérieux et lança sur un ton ferme :

-Citoyens et citoyennes du monde libre ! Aujourd’hui vous me voyez occuper ce fauteuil après avoir été démis de mes fonctions, après m’être lâchement évadé et après avoir disparu du regard des autorités pendant tout ce temps. Vous vous dites sûrement "Quoi ? Que fait un tel homme de retour à cette position de grande importance, alors que les rumeurs les plus folles courent à son sujet ? " Mes amis - permettez-moi de vous appeler ainsi car tous les citoyens sont mes amis - vous avez été bernés, et par un usurpateur de taille du nom de Wulf Rakkuen. Souvenez-vous, Wulf Rakkuen était mon plus proche ministre et conseiller à l’époque de mon mandat, et aujourd’hui je reviens pour annoncer que je détiens des preuves irréfutables que ce scandale qui m’a éclaboussé était de son fait ! Parce qu’il voulait accéder au poste de président !

Auguste Winston croisa les jambes et reprit son discours placidement.

-J’ai été manipulé, tout autant que vous, par un homme dans lequel j’avais placé toute ma confiance et qui m’a déçu. Je sais bien ce que vous pensez. Je n’ai pas d’excuse pour m’être enfui de ma détention, certes, mais c’était le seul moyen de blanchir mon nom aux yeux des autorités qui à présent y voient clair, et m’ont restitué dans mes fonctions.

L’homme se leva et lança aux cameras.

-En ces temps de crises, citoyens, citoyennes, mobiens et mobiennes, marchons ensemble main dans la main pour surmonter la vague et contrer les vils desseins de notre ennemi, qui qu’il soit. J’appelle tous ceux qui veulent bâtir le monde meilleur dont je rêve à s’unir pour lutter contre l’envahisseur. Que ceux-ci soient des criminels ou des parias, sous la bannière de l’unité, nous construirons une nouvelle société libre se désolidarisant de la tyrannie et de la barbarie ! Des renforts armés sont en ce moment, en route vers vos villes pour les protéger de la menace ! J’annonce par ailleurs que dès demain je serai en conférence à Green Hill pour répondre de mes actes devant les populations mobiennes !

Alors qu’il achevait son discours des applaudissements retentirent dans la salle, de lourds applaudissements, et des vivas alors que l’homme interrompait la foule.

-Mes amis, mes amis, un peu de calme... Un peu de calme je vous prie. Il me reste une dernière chose à déclarer pour être digne de paraître devant vous ce soir. Je dois remercier quelqu’un, quelqu’un sans qui tout cela n’eut jamais été possible et qui m’a permis de voir le loup parmi mes agneaux.

Les yeux du président brûlaient de flammes glacées alors qu’il fixait droit devant lui la caméra, ses yeux se braquèrent sur le renard.

-Je voudrais remercier chaleureusement le capitaine de l’inquisition Mobienne, Mr White pour m’avoir permis de nettoyer mes rangs du poison qui les rongeait, et je l’invite dès que cette crise sera finie à recevoir la médaille du mérite à l’hôtel de v...

Winston n’acheva jamais sa phrase, le vase de l’infirmerie percuta l’écran et explosa celui-ci, rependant de l’eau dans le poste de télévision alors que le renard bouillait de rage. Cet homme avait le culot de reparaître devant lui et de remonter sur le siège de président tout en clamant que c’était grâce à lui qu’il y était ? Il savait la vérité, il l’avait contemplée de lui-même. Il avait pénétré dans les camps de concentration malgré l’ordre direct de ses supérieurs. L’image de ces corps pendus à des crochets de bouchers et de ces mobiens encore vivants malgré que toute leur peau avait été arrachée pour en faire des vêtements de luxe hanterait ses rêves pour l’éternité. Il avait enfin pensé être utile, il avait enfin pensé qu’il avait sauvé la société de sa plus grande menace mais celle-ci revenait aujourd’hui encore plus forte, et se riant de ses exploits passés et de ses assauts pitoyables.

-MERDE ! Cria-t-il en tapant de toutes ses forces dans le mur avec son coude. MERDE ! MERDE ! MERDE ! MERDE !!

Les crocs du renard se serrèrent jusqu’à ce qu’il eut l’impression que sa mâchoire allait se briser.


Green Hill Zone.

-Je vous ferai part de la composition de mon ministère dès demain, et...

Là non plus Winston ne put achever sa phrase alors qu’un éclair de métal s’abattait sur le poste. Celui-ci resta immobile un instant avant de s’effondrer lentement de chaque coté pour tomber des deux cotés du meuble et s’étaler par terre, tranché net au milieu, séparé en deux parties parfaitement identiques alors que l’homme commençait à respirer bruyamment, retenant avec peine la haine qui s’écoulait le long de son corps

-Eh ! Ma télé ! Vous êtes complètement timbrés ma parole !

Lança l’homme en sortant de son camping-car et en fixant l’inconnu, un grand bonhomme portant un chapeau de voyage asiatique et une grande cape brune. A sa ceinture, un sabre excessivement long. Malgré que celui-ci semblait être en train de contenir une rage folle, il demeura droit comme un I. Un mobien s’interposa entre l’homme et le bretteur, il avait le visage écrasé et des cornes poussaient le long de sa boite crânienne.

-A votre place je ne le chercherai pas, fit le lézard cornu, vous avez vu avec quelle aisance il a tranché ce poste de télévision ? Faites un pas de plus, et je ne peux pas garantir votre survie.

L’humain se mit à ronchonner et finit par repartir à l’intérieur de son engin, le mobien prit la main du grand escogriffe et le tira vers les plaines.

-Mon frère, je t’en conjure calme ta colère, garde-la au fond de ton cœur et déploie-la au moment opportun pour qu’elle guide ta lame. Moi non plus je n’ai pas oublié... Moi non plus.

Fit le lézard alors que le grand bonhomme posait une patte sur son épaule, une patte velue pleine de fermeté, mais montrant par son contact qu’il appréciait sa présence à son coté, son soutien, et qu’il était la voix de la raison dans sa colère. L’hybride regarda le soleil se coucher sous les traits de paille de son chapeau de pèlerin. Il était là il y a un an, alors que ces machines de guerres démoniaques attaquaient le village qui l’avait hébergé pour une nuit. Il avait combattu courageusement, mais il n’avait pas pu empêcher la mort de centaines de villageois échidnés. Alors qu’il hurlait et pleurait d’impuissance devant les tombes des innocents le nom de l’homme qui avait commandité ces actions brûlaient dans son esprit comme marqué a jamais au fer rouge. Sur son honneur de samouraï, il avait alors juré d’ôter la vie à cette personne ou de périr en essayant.

Cet homme s’appelait Auguste Winston.

Scias le mobien chien regarda Taoshymiru alors que les poils de sa frange bloquaient ses yeux pleins de larmes. Sa bouche affichait deux belles rangées de crocs pleins de rage, prêts à se planter dans la chair de son ennemi tandis que ses mains tremblaient sur la garde de son arme. Il n’avait jamais vu à quoi il ressemblait. A présent c’était fait. Et en silence il remerciait les dieux car il allait pouvoir clamer sa vengeance au nom des gens qui avaient péri en ce jour tragique. Taoshymiru, le lézard cornu, également samouraï avec qui il avait combattu côte à côte pendant cette boucherie, était depuis devenu son frère, et l’accompagnait dans ses errances à la recherche de cet homme. Tous deux étaient ronins, tous deux cherchaient à achever la vengeance de ces êtres injustement assassinés dans leurs huttes.

Scias se mit à marcher vers le soleil couchant.

La route allait être longue.




Vous avez aimé cet article? Partagez le!
Commentaires (1) - Forum

Viper Dragoon

Haut de page


Fanfics

Cliquez pour écouter :
L'article du moment
Fan humour second degré
Ahhh les femmes...

Le pifomètre
Évènements PSo
PSo souffle sa 1ère bougie !
 
 
  Discussions
 Accès au Forum
Derniers sujets :

 
 
 
Planete-sonic, design, mise en page et textes © 2003/2017 L'équipe de PLANETE-SONIC.COM, Tous droits réservés. Toutes les oeuvres sur ce site sont la propriété de leurs auteurs respectifs. Toute reproduction partielle ou totale d'une oeuvre est interdite sans l'avis préalable de son auteur.