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Paru le mercredi 20 février 2019

Lego Dimensions : Pack Niveau Sonic - Test

Lego Dimensions

Sorti fin septembre 2015 sur PS3, PS4, Xbox 360, Xbox One et Wii U, Lego Dimensions est un jeu d’action-aventure dans la plus pure tradition des jeux vidéo Lego publiés par Traveller’s Tales depuis plus de dix ans. De multiples personnages ayant leurs propres aptitudes, des décors faits de briques à détruire et de piécettes à récupérer, et un humour méta délicieusement bourré de références. Seulement voilà, Lego Dimensions va encore plus loin. Se basant sur les jeux Skylanders et Disney Infinity, il propose de réunir tout un tas d’univers différents n’ayant aucun lien entre eux au premier abord. Tous sont accessibles grâce à des figurines collectionnables à disposer sur le Toy Pad, plateforme en pièces Lego à construire en début de partie, représentant une porte dimensionnelle.

- Synopsis :
Lord Vortech habite la planète Fondation Prime, située au cœur du multivers Lego. Il décide un jour de collecter les éléments fondateurs sur lesquels la planète est construite, car ils peuvent lui permettre de devenir maître du monde (ça vous rappelle quelqu’un ?). Il kidnappe une personne dans chaque univers pour faire grandir la menace, effrayer les mondes et diviser pour mieux régner. Il mobilise les ennemis de chaque Dimension pour semer le chaos, mais c’est sans compter les héros qui veulent tous l’empêcher de nuire, et se rassembler pour triompher.

Sonic dans le hub principal du jeu, dont le portail reprend la forme du Toy Pad

Autant de héros différents faisant référence aux personnages les plus célèbres de la Pop-culture. On commence ainsi le jeu avec Batman (DC Comics), Gandalf (Le Seigneur des Anneaux), et Cool-Tag (La Grande Aventure Lego), tous trois livrés dans le pack de démarrage du jeu. Vous pourrez ensuite y ajouter Homer (Les Simpsons), Ethan Hunt (Mission Impossible), Abigail Yates (SOS Fantômes)… Et tellement d’autres, au gré des extensions que les développeurs ont voulu créer. On compte au final 60 packs d’extensions, pour 29 franchises différentes !

Comme tous les jeux Lego, Lego Dimensions possède un double-hub, la planète Vorton et l’Eclat. Ce sont deux gigantesques astéroïdes d’où on peut rejoindre la trame de l’histoire, ou les dimensions de chaque nouveau héros, via une porte dimensionnelle. Chaque nouveau monde est accessible via téléchargement gratuit, mais il faut l’extension comprenant la figurine pour que le Toy Pad la détecte et que l’on puisse y accéder.

L’extension Sonic the Hedgehog, sortie juste à temps pour les 25 ans de la saga, est fournie avec trois figurines à monter. La première est Sonic lui-même, dont le design est magnifique. La capacité du personnage en jeu est « acrobate », c’est-à-dire qu’il peut sauter plus haut que d’autres personnages du jeu et atteindre des lieux en hauteurs grâce aux perches horizontales. Les deux autres figurines sont le Sonic Speedster de Sonic & Sega All-Stars Racing, et le Tornado de Sonic the Hedgehog 2. Les trois peuvent être utilisées simultanément avec quatre autres figurines, le Toy Pad autorisant en tout sept figurines en jeu. A noter que le Pack Niveau Sonic n’est pas indispensable pour finir Lego Dimensions à 100%.

Déboulons maintenant à toute vitesse pour la première fois dans l’univers de Sonic le Hérisson, version Lego !

Vous êtes prêts ?

Note : les images de ce test ont toutes été faites en cours de partie.

Première approche

L’extension Sonic the Hedgehog est divisée en deux parties bien séparées : le mode Histoire, un enchaînement de niveaux en 2D et de Bosses nous racontant qu’Eggman a trouvé une Pierre Maîtresse permettant de traverser les Dimensions et les époques (il a apparemment oublié que ça ne lui a pas réussi par le passé), et la Dimension Sonic en elle-même, un monde ouvert en 3D sous forme d’immense île flottante composée de certaines des zones les plus célèbres de la franchise. Un beau clin d’œil à la cultissime Angel Island.

Le mode Histoire commence sur une belle touche de nostalgie : le logo « SEEEEGAAAA ! » suivi de Sonic dans un anneau devant l’arrière-plan de Green Hill Zone, comme en 1991. Sans grand étonnement, on constate que l’aspect graphique ressemble énormément à ce qu’il était dans Sonic Generations. Le premier niveau, en 2.5D, reprend la même disposition que le niveau original : trois anneaux, un Motobug, un Buzz Bomber, et une capsule d’anneaux sur la première plateforme. A ceci près qu’on peut jouer tous les personnages dont les figurines sont disposés sur le Toy Pad. Vous voulez traverser Green Hill Zone avec Batman ?

Sonic est mon nom, la vitesse est mon don !

Jouabilité

On constate rapidement que la vitesse de Sonic n’est pas tout à fait compatible avec le concept des jeux Lego. Ceux-ci sont souvent des niveaux en plans fixes au rythme posé qui font la part belle aux énigmes, sans aucune action débridée. Le manque de maîtrise de la vitesse par les développeurs se fait donc sentir, surtout quand il s’agit de phases de plateformes sous-marines : c’est parfois compliqué de se diriger, l’inertie est moins précise que dans les jeux Classiques... Mais les pièges sont les mêmes ! En revanche, quand il s’agit de courir à toute berzingue à travers les loopings, aucun vrai problème ne vient freiner notre élan. La progression du mode Histoire se fait donc sans véritable frustration.

Les principales attaques de Sonic sont là : le Spin Jump normal pour commencer, et le Homing Attack. Ce fameux saut se fait ici à l’horizontal quand aucun obstacle ne nous fait face, il ne se dirige pas vers le sol comme dans les jeux Moderne ou Adventure. C’est certainement une question de physique pour laisser la possibilité de faire un Homing Attack vers le haut si un ennemi est en hauteur. Mais attendez que le lock-on sur une cible s’affiche, sinon il se fait dans le vide et ça n’a aucun effet. Le système de lock permet aussi d’envoyer un coup de poing enflammé (rappelant Sonic & the Secret Rings), ou d’enchainer le coup sur plusieurs cibles en maintenant la touche d’action enfoncée. Enfin, si le Boost est absent du jeu, le Spin Dash est bien là. Mais il est inutile de l’utiliser autrement que pour se sortir d’une pente, car Sonic est vraiment plus rapide en courant normalement. Il l’est peut-être un peu trop d’ailleurs, et ça se ressent surtout dans le monde ouvert…

La maniabilité dans le mode histoire est correcte…

Depuis une dizaine d’année, les jeux Sonic ont du mal à maîtriser la vitesse de Sonic dans des niveaux autrement qu’en 2 Dimensions. Dès qu’on passe en vraie 3D, Sonic devient une savonnette compliquée à diriger si on n’utilise pas le Boost. Pas de Boost dans Lego Dimensions, mais Sonic n’a jamais été aussi in-gé-rable. La vitesse de Sonic est graduelle : il commence par trottiner, et accélère très vite. Mais il finit par être tellement rapide qu’il n’est pas rare de perdre le contrôle… Et de sortir du chemin involontairement. Très compliqué à gérer lors d’une course contre la montre. C’est l’échec assuré si on rate un anneau de passage – car très compliqué de rejoindre l’anneau en question quand on tombe dix mètres plus bas !

La maniabilité fait beaucoup penser à un mix entre Sonic R et les jeux Modernes. On est vraiment libre d’aller partout dans ce petit monde ouvert, mais il est rempli de plateformes étroites d’où il est facile de tomber, tant Sonic est une savonnette. Les loopings sont pires, car la caméra tourne brusquement dans le mauvais sens, faisant rater le chemin sans pouvoir se rattraper. Rageant ! La caméra déraille aussi lorsque Sonic se retrouve un instant debout à l’horizontale sur un mur (rappelant les pires moments de Sonic 4 Episode 1), car elle s’aligne avec lui et se renverse, brouillant l’écran. Le gameplay demande un gros temps d’adaptation pour être maîtrisé afin d’atteindre les endroits en hauteurs. A moins que vous ne préfériez tricher en utilisant le Tornado, qui se révèle alors très pratique. Le point positif est que le monde ouvert est rempli de choses à faire, le temps d’adaptation peut donc sembler court comparé au temps d’exploration nécessaire à la complétion du 100%.

…mais beaucoup moins dans le monde ouvert

Direction artistique

Il semblait évident que les briques Lego iraient si bien avec le Hérisson bleu ! L’imbrication du look Lego dans des décors 3D n’est plus à prouver depuis des années. Les studios Traveller’s Tales ont toujours été capables d’adapter les briques de la meilleure des façons, dans n’importe quel univers. Par conséquent, on est tout de suite plongé dans ce qui fait le charme de l’univers Sonic. Les couleurs, la variété des décors, les piécettes Lego remplacées par des anneaux pour l’occasion, et le fameux bruitage qui va avec. La modélisation des personnages est à l’image de la figurine vendue dans l’extension : ils sont parfaits ! Etrangement, Big a été fait avec des pectoraux malgré sa grosse taille, ce qui le fait paraitre un peu plus maigre que d’habitude. Eggman est une belle surprise, malgré des arcades sourcilières un peu trop accentuées.

Va-t-il apprendre de ses erreurs, cette fois ?

L’inspiration générale vient de Sonic Generations, Green Hill et Chemical Plant sont tout droit reprises de ce jeu-là. On notera aussi le reflet de l’herbe fluo sur les personnages... Toutes les autres zones de l’extension sont inédites et vendent du rêve quant à la possibilité de les voir un jour avec les graphismes actuels. A ce titre, Marble Zone, grande oubliée des anniversaires précédents, est tout simplement sublime ! Certaines réinterprétations sont inspirées (l’Autel des Emeraudes de Sonic Adventure, rappelant beaucoup Sky Sanctuary), d’autres beaucoup moins (Lava Reef est un volcan banal, seules quelques plateformes rappellent le niveau de S3&K). La seule qui ne profite pas de cette refonte graphique est Aquatic Ruin Zone : une toute petite portion est à l’air libre, la majeure partie est immergée sous un lac, où tout apparaît plus bleuté, moins coloré. C’est très regrettable que le monde ouvert ne soit pas entièrement accessible avec Sonic, puisqu’il faut débloquer Aquaman (DC Comics) pour atteindre cette zone. Pour une fois que Sonic pensait à mettre un gilet de sauvetage (véridique), bah c’était pas le bon moment !

Qu’attend Sega pour refaire cette zone ?

Fan-service

Le Pack niveau Sonic n’est pas officiellement considéré comme un jeu anniversaire, mais son niveau de références en est digne ! On citera par exemple la présence d’Omochao, dont le côté agaçant est complètement assumé. Quand il veut donner un conseil, Sonic fait bien comprendre qu’il l’énerve autant qu’il nous énerve nous ! Il faut dire qu’il est une belle parodie, qui adore nous donner des conseils inutiles (« le feu, ça brûle ! »). Comme dans Sonic Adventure 2, on peut s’en prendre à lui et il répondra. Malheureusement, ils ne lui ont donné aucune répartie savoureuse, ce qui n’empêche pas de le rendre attachant.

Labyrinth Zone lui a laissé un traumatisme cuisant…

Chaque jeu Lego possède un système de PNJ en péril à trouver dans un niveau et à sauver. Pour Sonic, ils ont mis Big the Cat, en référence à ses caméos cachés dans SA2. Pêle-mêle, on citera aussi l’atelier de Tails qui reprend celui de Sonic the Fighters, la présence de Silver Sonic et Mecha Sonic, la Dimension Spéciale de Sonic 2 pour récupérer les Emeraudes du Chaos, la descente en snowboard depuis le sommet d’Ice Cap, et une énorme surprise en hommage à S3&K cachée dans le volcan. Pour finir, toutes les répliques des personnages sont bourrées de clin d’œil à la saga, et certaines reprennent les phrases cultes. Malheureusement, la version française les efface un peu, puisque les répliques en questions n’ont pas été traduites de l’anglais à l’époque.

Ma pauvre Amy, comme je te comprends

Bande son

Enchaînons donc sur la version française du jeu. Aucun changement concernant les voix, ce sont toujours les acteurs de Sonic X et Sonic Boom qui incarnent les personnages. Certains noms de niveaux sont restés inchangés, comme Green Hill (Omochao dit quand même « collines vertes », il est mignon), Chemical Plant ou Carnival Night. D’autres ont été traduits, sans que ça choque véritablement les oreilles : Calotte glaciaire (Ice Cap), Récif de Lave (Lava Reef)… Arrêtons-nous quand même sur la grosse erreur du jeu. L’autel des Emeraudes est appelé « Autel Emerald », mais on ne prononce pas pour autant le nom à l’anglaise. Les personnages ne disent pas « émeraude du Chaos » comme dans Sonic X. Ils ne disent pas non plus « Chaos Emerald ». C’est un sacré choc quand on entend la première fois Alexandre Gillet (la voix de Sonic) dire « l’émeralde », et surtout Sébastien Desjours (la voix de Knuckles) dire « la mastère émeralde ». Pour le coup, mes oreilles saignent encore.

Je crois qu’il a enfin trouvé un sens à sa vie

Les musiques, quant à elles, sont maintenues à un niveau de qualité. Etonnamment, les musiques des niveaux Classiques ont été complètement changées, pour des questions de droits d’auteurs parait-il. C’est normal (et extrêmement dommage) pour Sonic 3, Michael Jackson n’ayant jamais voulu reconnaitre sa participation sur le jeu. Mais avoir changé le thème de Chemical Plant, on comprend moins. Celui de Green Hill est reconnaissable, bien que certaines notes soient modifiées également. Mais pour le coup, voilà une musique que l’on entend un peu trop souvent ces dernières années, alors le changement est bienvenu. Malgré tout, toutes les musiques correspondent à l’esprit des jeux Mega Drive et sont entraînantes. Le jeu fait également la part belle aux deux Sonic Adventure, en reprenant par exemple les thèmes correspondant à chaque personnage.

La musique de Carnival Night est aussi énervante que celle d’origine

Durée de vie

Le Pack niveau Sonic n’étant qu’une extension, la durée de vie est forcément plus courte qu’un véritable jeu. Pour autant, son contenu est assez généreux, à commencer par les 28 briques dorées à trouver aussi bien dans le mode Histoire que dans le monde ouvert. Ce dernier nous donne l’occasion de trouver la seule brique rouge du Pack, qui offre comme extra de transformer les piécettes en anneaux, et ce dans l’intégralité du jeu Lego Dimensions. On peut également y croiser les personnages les plus connus de l’univers Sonic et réaliser une quête pour eux : Knuckles qui doit combattre des Egg Pawns, Tails qui doit retrouver des machines d’Eggman disséminées dans la zone (un très joli clin d’œil à Sonic CD), ou Big qui doit... Retrouver Froggy. Beaucoup d’objets à collectionner demandent d’utiliser des personnages d’autres franchises pour les débloquer. On en dit pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte !

Au moins, il en a conscience !

Le jeu propose également un mode multijoueur, accessible depuis le hub principal du jeu. Une seule zone est alors proposée, une version plus vaste de Carnival Night Zone, avec quatre types d’affrontement disponibles. Vous avez les traditionnels modes Capture du drapeau et Destruction de base, le mode Objectifs à remplir (détruire le nombre de cristaux de la couleur de votre équipe, dispersés dans la zone, dans le temps imparti), et la mission Tic tac boum : un des quatre joueurs est attaché à une bombe et doit rattraper un adversaire pour la lui passer avant qu’il n’explose avec. Chaque joueur a trois vies. Etrangement, le mode multijoueur impose un écran splitté en quatre même si on est seul à jouer.

Voilà une vraie ambiance de fête foraine !

Pour finir, on citera la présence d’une boutique d’améliorations pour les véhicules. Elle est complètement dispensable en réalité, mais propose des options sympathiques moyennant plusieurs piécettes. De nouvelles armes, plus de vitesse, de puissance, et de personnalisation : le Sonic Speedster peut avoir les couleurs de Metal Sonic, et le Tornado les couleurs de Tails. L’option la plus intéressante reste de modifier les véhicules à l’envie, aussi bien dans le jeu qu’avec la figurine. Le Tornado peut ainsi être transformé en Crabmeat et en Egg catcher (le boss de Casino Night Zone dans Sonic 2), et le Sonic Speedster être changé en Blue Typhoon et en Motobug (qui n’y ressemble pas, au passage, il faut l’avouer). Il est dommage que les figurines véhicules ne soient pas enregistrées par le Toy Pad comme celles des personnages (qui ont une puce de reconnaissance dans leur socle), nous forçant à repasser par le manuel de construction (inclus dans le jeu mais pas dans la boîte) pour pouvoir en profiter.

Oui, on peut aussi l’appeler l’attrapeur d’œufs, mais bon…

Conclusion

Malgré une jouabilité qui peut sembler rebutante au premier abord, ce Pack Sonic pour Lego Dimensions vaut vraiment le coup. Le fan-service déborde d’amour pour la franchise, et on sent que Traveller’s Tale a vraiment travaillé le contenu qu’ils voulaient proposer. On ne va pas se mentir, cette extension s’adresse principalement aux fans de longues dates, mais les nouveaux venus dans l’univers de Sonic devraient malgré tout y trouver aussi leur compte. L’ambiance générale, l’humour et la vitesse (une fois qu’elle est maîtrisée) sont des arguments de choix. L’argument ultime ? Si vous êtes aussi fans de Lego, foncez. Il ne reste plus qu’à poser une question à Sega : à quand de vrais sets Lego Sonic ?

Sonic et Lego : une histoire qui ne demande qu’à commencer

Par Di-Luëzzia le 20 février

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