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Paru le mercredi 14 avril 2021

Sonic Boom : Critique de la Saison 1

Issu d’une collaboration entre studios français et américains, Sonic Boom se déroule dans un tout nouvel univers, préalablement introduit dans les jeux Sonic Boom : L’Ascension de Lyric (Wii U) et Sonic Boom : Le Cristal Brisé (3DS). Cependant, si vous n’avez pas joué à ces jeux (on ne vous en veut pas), sachez que la série y fait très rarement référence, particulièrement dans cette Saison 1. Vous pouvez donc regarder les épisodes dès maintenant, et même dans l’ordre que vous voulez.

La série se veut en effet plus orientée vers un jeune public que les précédentes séries, avec un humour bon enfant et un comique absurde. Il n’y a pas vraiment de fil rouge dans la Saison 1, même si les intrigues réutilisent fréquemment des personnages introduits quelques épisodes plus tôt. Le chara-design est suffisamment efficace pour que vous n’ayez pas besoin de réfléchir 107 ans au rôle de chaque personnage.

Lui par exemple c’est un méchant, qui l’eût cru ?

Personnages

"J’suis sans attache, j’suis sauvage, enfin tu vois le genre ?"

Sonic, notre héros, sans peur (sauf l’eau) et sans reproche, mais aussi amateur de plaisanteries et de siestes dans son hamac. Il est plus sarcastique et par moment plus feignant que dans la série principale. Leader de la Team Sonic et héros du village sans nom (enfin, dans cette Saison 1).

La Team Sonic, parlons-en. Elle comprend également Tails, l’intello qui construit plein de machines et probablement le personnage qui varie le moins de son modèle dans la série traditionnelle, en-dehors d’une petite romance dans la Saison 1 ; et Knuckles, qui pousse sa bêtise à l’extrême. Les scénaristes ont assumé ce que l’échidné était ces dernières années dans les jeux, finie la naïveté. Ici c’est la stupidité pure qui l’emporte dans sa personnalité, tout dans les muscles et pas grand chose dans la tête. Même si on peut parfois rire des scènes qui lui sont dédiées, on peut se demander où est le Knux de notre enfance.

Celles qui apportent la touche féminine à l’équipe, ce sont Amy et Sticks. Si la Amy un peu trop "fille" de Sonic X vous énervait, vous allez être contents puisqu’elle n’est plus là pour faire la cuisine et courir après son chéri, mais plutôt se battre à ses côtés ! Son côté athlétique est retranscrit dans ses vêtements, beaucoup plus aptes à l’activité sportive que sa vieille jupe. Vraie guerrière inséparable de son marteau, protectrice de l’environnement et psychologue à ses heures perdues, ça ne l’empêche pas d’être toujours un peu hystérique sur les bords. Une hérissonne moderne en somme.
Sticks est une théoricienne du complot paranoïaque, c’est aussi la petite nouvelle et la bonne surprise de la série. Se battant avec un boomerang, c’est une blairelle qui déteste les machines, voit le mal partout et déteste les codes de la féminité : un vent de fraîcheur dans la série Sonic. Même SEGA of Japan l’a adoptée en lui donnant un artwork sur Sonic Channel, une première pour le site !

Mais que seraient des héros sans un méchant ? Dr. Eggman est là pour remplir ce rôle. Scientifique démoniaque, toujours à la recherche d’un plan pour détruire le village et ériger son parc d’attraction Eggmanland. Ça ne l’empêche pas d’être occasionnellement victime de blues, auquel cas il se laisse aller et mange des chips devant sa télé, en pyjama. Contrairement à son alter-ego dans la série principale, cet Eggman-ci a occasionnellement recours à des moyens légaux pour vaincre ses adversaires, comme les traîner au tribunal.
Il est assisté par Orbot & Cubot, dont les caractères ont été transposés sans changements particulier par rapport à leur version d’origine. Ils n’ont aucun intérêt d’un point de vue militaire, mais sont ô combien précieux comme soutiens psychologiques pour leur maître. Cubot est le plus bête des deux.

Si les personnages secondaires ont aussi leur propres identité et leur propre personnalité, le plus souvent les scénaristes préfèrent réutiliser les personnages principaux ou un tout petit échantillon de personnages secondaires (le castor bibliothécaire, Dave le stagiaire...) plutôt que d’en créer de nouveaux. Si vous êtes du genre à penser que les personnages dans Sonic sont des "Shitty Friends", vous serez soit ravis de voir que l’intrigue tourne principalement autour des cinq héros principaux, soit exaspérés par l’inutilité de la grande majorité des habitants du village. Ceci dit, soyons honnête, ils ont surtout des rôles de figurants.

"On n’est pas des shitty friends ?"

Metal Sonic et Shadow s’incrustent même dans deux épisodes en ayant un caractère identique à leurs alter-egos originaux et un design légèrement revu pour l’univers Boom. Un mélange appréciable pour les fans de longue date !

Shadow est plus agressif que dans SA2, mais c’est raccord avec son écriture de Generations ou Forces

Doublage

A l’exception de Tails, le casting anglais est le même que celui des derniers jeux parus, à savoir Sonic Generations et Lost World. Si certains trouvent que Roger Craig Smith n’est pas adapté pour les jeux, dans Boom il s’accorde parfaitement au nouveau Sonic, plus relax et rigolard qu’à l’accoutumée.

Quant à la VF, ils ont fait de même en reprenant les principaux comédiens de Sonic X, mais à ces derniers s’ajoutent Philippe Bozo et Gilbert Levy, issus de Sonic le Rebelle (respectivement Manic et Louvois à l’époque, Levy double également Zazz dans Sonic Lost World). Sticks est doublée par Claire Morin, la VF de Rihanna dans quelques films comme Ocean’s 8.

Autrement dit les comédiens sont des pros dans l’univers du doublage et ont déjà traité l’univers de Sonic, vous pouvez tout aussi bien regarder la VF que la VO : les deux sont toutes aussi excellentes l’une que l’autre. Il est aussi intéressant de noter que certains dialogues ou certaines blagues changent selon la version que vous choisissez mais généralement sans perte de qualité.
Détail étrange : dans la VF, tout le monde appelle Amy "Amy Rose", rares sont les moments où son prénom n’est pas accompagné de son nom. Ce sera corrigé dans la Saison 2, sans explication.

Analyse

Ici pas d’anneaux ou d’Emeraude du Chaos, la série a son propre univers et les épisodes peuvent se regarder dans l’ordre que vous voulez, ce qui peut être un défaut pour certains fans.
La série est principalement axée humour et chaque épisode dure 10 minutes. Cela permet d’avoir un bon rythme au sein de chaque épisode, où une scène donne généralement lieu à un ou plusieurs gags. Si leur qualité varie, la quantité de blagues fait qu’il est statistiquement impossible que vous ne soyez pas amusés par plusieurs d’entre elles.
Par rapport à la Saison 2, la série fait moins de références à la fanbase. La Saison 1 est en effet dirigée principalement vers le tout public, et c’est ainsi que l’on peut profiter de gags allant de "Knuckles ne comprend pas un mot à plus de deux syllabes" à "Sonic crée un groupe qui admet en chanson que l’industrie du disque lobotomise les fans", en passant par "Amy a une photo de Sonic dans son porte-feuille mais nie être attirée par lui".
Bref, les scénaristes parviennent à trouver un bon équilibre entre l’humour pour les enfants et l’humour qui parlera aux adultes regardant la série à leurs côtés.

Pendant l’écriture de cette critique, le meme "Knuckles approved" a émergé sur les réseaux sociaux, une belle reconnaissance pour un personnage qui a subi beaucoup de critique de la part de certains fans

Si l’action est présente, on peut constater un certain manque de dynamisme dans les scènes de combat, ou pire, celles de course. C’est plutôt dommage dans une série centrée sur un personnage aussi rapide. Et le format d’épisode de 10 minutes ne permet pas de faire des affrontements très longs, Eggman a d’ailleurs la fâcheuse tendance d’être battu en moins de deux minutes.
De plus, graphiquement c’est parfois très léger. Les décors sont assez statiques et manquent parfois de détails. Les animateurs n’ont pas hésité à réutiliser le même modèle sur plusieurs personnages secondaires, ce qui est très déconcertant par moment.
Si Sonic X était loin d’être exempte de défaut, la série s’en sortait globalement mieux graphiquement parlant.

"Pourquoi les hot-dogs derrière moi sont en 2D ?"

Conclusion

Sonic Boom ne plaira certes pas à tout le monde mais est loin d’être une mauvaise série, il y a des épisodes pour tous les goûts et originaux.
Si vous recherchez de l’action et un scénario poussé, vous risquez d’être déçus puisque la série ne va pas du tout dans cette direction et préfère distiller des gags sous un format proche d’une sitcom par moment.
L’humour n’a pas encore atteint le stade méta de la Saison 2, mais cette Saison 1 reste amusante et divertissante pour tous les âges. Puisqu’elle est moins cartoon que la série Les Aventures de Sonic, l’essentiel des bons gags passera par l’écriture.
Les meilleurs épisodes de cette Saison sont selon moi "Mon colocataire Eggman" (épisode 2) et "La guerre des boys-band" (épisode 39). Le premier reflète très bien l’atmosphère bon enfant de la série et le côté inutilement compliqué des plans d’Eggman. Le second contient d’hilarantes piques envoyées à l’industrie du spectacle.

On se quitte sur les derniers mots de la Saison :

"J’espère que ça continue l’an prochain ! Juste pour être sûr on devrait lancer une pétition sur internet."

Par Lirane Underground / Sonicvic le 14 avril

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